Depuis bientôt un an, j’ai cessé de colorer mes cheveux blancs.
En réalité, je n’ai pas pris de décision arrêtée et je n’ai suivi aucun mouvement : mes racines poussent simplement au fil des mois, centimètres par centimètres. Après une coupe au carré et plusieurs décolorations, j’aspire seulement à regagner de la longueur et retrouver ma nuance naturelle.
Par le passé, toutes ces tentatives s’étaient soldées par un échec. Je suis naturellement blonde cendrée (foncé) et je n’assumais pas mes cheveux blancs, mis en exergue par des colorations flamboyantes.
Or, cette repousse me questionne.
J’ai grandi dans les années 1990, où Georges Clooney était considéré comme le sex symbol de l’époque, avec son style poivre et sel.
En revanche, toute femme qui ne dissimulait pas ses racines grisonnantes était qualifiée de « négligée » –la duchesse de Cambridge a récemment été visée par une « polémique » à ce sujet.
Hommes et femmes ont désormais des cheveux blancs de plus en plus tôt : pourquoi sont-ils encore considérés comme un signe de l’âge ? Ces mèches argentées donnent-elles vraiment un coup de vieux ?
D’ailleurs, une nouvelle tendance émerge aujourd’hui : celle des Silver Sisters, qui acceptent leur cheveux bancs et documentent leur transition capillaire sur les réseaux sociaux.
Je me suis donc interrogée : quels sont les avantages à ne plus colorer ses cheveux ? Comment laisser pousser ses cheveux blancs harmonieusement ? Y a-t-il un âge pour les accepter ?
Comment ai-je accepté mes cheveux blancs ?

Lorsque j’ai cessé de colorer mes cheveux blancs l’année dernière, cette décision m’émanait pas d’une longue réflexion. Elle s’est naturellement imposée au fil des circonstances.
Aujourd’hui, je prends le temps de vous écrire mon cheminement de pensée, et de partager les informations qui ont guidées mon choix.
Le problème de démarcation entre les longueurs et les racines

Depuis l’âge de seize ans environ, j’avais enchaîné les colorations pour changer de tête : éphémères, puis permanentes… j’avais testé toutes les nuances, telles que le violet, le rouge, le cuivré, et le noir.
Mes cheveux blonds cendrés (foncés) m’avaient toujours parus « ennuyeux ». Ce fameux « mousey brown« , aujourd’hui très tendance, semblait bien fade à l’époque !
Enfin, j’ai découvert les milles et une nuances, si flamboyantes, du henné ! De 2008 à 2018, je n’ai plus aperçu mon blond cendré.
Quelle surprise, en découvrant l’apparition silencieuse de ces cheveux blancs, lorsque j’ai cessé ces teintures !
Mes tentatives de repousse ratées et l’effet racines
J’ai entamé plusieurs tentatives pour retrouver ma nuance naturelle… qui se sont soldées par un échec ! Voici pourquoi…
Durant plus de dix ans, grâce au henné ou aux (dé)colorations chimiques, j’apportais à ma chevelure des couleurs plus flamboyantes. Des reflets assez chauds -dans les roux.

Or, le contraste entre ces couleurs vives et mes racines si froides me paraissait ignoble. Le roux met en exergue son opposé, le bleu/gris. J’avais donc l’impression d’avoir les cheveux totalement grisonnants et non plus blonds cendrés.
En 2018, j’ai tenu trois ou quatre mois… avant de tout recouvrir avec du henné d’Egypte.
Quelques années plus tard, je tâchais à nouveau de renoncer à la coloration végétale.
J’ai donc opté pour des colorations permanentes (chimique), avant de renouveler ma tentative de repousse au naturel.

Cette fois-ci, je n’acceptais pas mes tempes, où se situaient désormais de vraies mèches blanches.
Pendant quelques mois, le Cassia leur procurait un joli reflet blond. Mais au fil des applications, l’ensemble de ma chevelure se parait à nouveau d’une teinte dorée et cuivrée.
Finalement, pour préserver ma couleur naturelle, j’ai opté un bon compromis : comment faire pour colorer seulement les cheveux blancs soi-même ?
Cette méthode fonctionnait très bien… jusqu’à ce que ma chevelure se casse à cause du Covid-19.
Persuadée que cela la renforcerait, j’ai appliqué un henné du Rajasthan : peine perdue. La nuance fonçait au fil des semaines, et je subissais à nouveau ce contraste avec les racines.

Cette bicolorité me paraissait encore plus inesthétique.
Obligée de couper mes cheveux au carré, j’ai cédé à une lubie, cette lubie que l’on tente au moins une fois dans sa vie : devenir blonde.
J’ai donc effectué trois décolorations, dans l’espoir de me débarrasser des particules de henné (impossible), à l’exception de 2 cm de racines vierges.
Comment j’ai réussi à laisser mes cheveux blancs pousser ?

Mes décolorations ont été un échec : résultat, je suis ressortie orange platine (hauteur de ton 10.4).
Bien qu’ils aient survécus, mes cheveux ont été considérablement fragilisés. En mai, j’ai pris la décision d’uniformiser la couleur en brun (6.17) -les longueurs décolorées ont beaucoup éclaircies, avec des reflets chauds, mais elles restent dans des tons blonds (8).
De graves problèmes de santé m’ont ensuite ôté toute énergie pour m’occuper de mes soucis capillaires… pendant au moins six mois.
Les 2 cm de racines préservées au mois de mars 2024 ont donc poussés. Sans que j’y prête réellement attention, voici l’origine de ces 14 cm en l’espace de 9 mois…
A ce stade, un tiers de mes cheveux sont donc complètement vierges. C’est la première fois depuis mes seize ans…
Pour le moment, j’ai donc identifié trois motivation dans ma démarche :
- Retrouver mes cheveux longs, c’est pourquoi, je reste motivée à garder ma couleur naturelle : ne plus abimer mes cheveux et en profiter aussi longtemps que possible !
- Faciliter la transition lorsque les cheveux deviendront entièrement blancs : il sera beaucoup plus facile d’accepter leur nombre, si j’avais déjà quelques mèches naturelles.
- Simplifier ma routine capillaire : je mise sur les soins et je ne souhaite plus me contraindre à cacher les racines toutes les trois à quatre semaines. Or, je préfère avoir des cheveux blancs sur toute la longueur, que quelques centimètres de racines (cap difficile à passer…).
Les doutes sur cette transition…

D’accord, ma décision de ne plus colorer mes racines ou mes cheveux blancs n’a rien d’une « métamorphose ».
La quantité n’est ni suffisante, ni homogène, pour donner une nuance argentée à la chevelure.
Aussi, sur les photos, mes cheveux vierges paraissent nettement plus gris (ou cendrés) qu’ils ne le sont réellement : hormis à certains endroits (mèche au niveau de la tempe), je reste brune (ou blond foncé).
En effet, il est très difficile de capturer la couleur réelle, car elle varie en fonction des lumières.
Par exemple, sur ce portrait début décembre 2024 en plein soleil, la démarcation laisse seulement apparaitre une nuance blond cendré.
Toutefois, je ne sais pas encore dans quelle direction je chemine.
Je ne suis pas certaine de vouloir assumer, pour le moment, une chevelure poivre et sel.
Parfois, j’hésite à adopter des mèches ou un balayage très discret, afin d’obtenir une démarcation plus harmonieuse. Appliquer une teinture type « gloss » (semi-permanente) me parait aussi envisageable. J’opterai pour un blond clair cendré, afin de ne cibler que les cheveux blancs. Le résultat serait similaire à des babylights naturelles, et je deviendrai progressivement blonde.
Je me pose encore beaucoup de questions, d’où la rédaction de cet article…
Pourquoi cesser de Colorer ses cheveux blancs ?

Lorsque j’enchainais les colorations, je sentais instinctivement -et olfactivement- que cette accumulation de substances chimiques était nocive pour l’organisme.
Pour d’autres raisons, j’ai ensuite développé des problèmes de santé : je me suis alors interrogée sur les dangers des composants chimiques dans les colorations.
Pour clarifier par avance mes propos, je ne parle pas ici du « danger » à réaliser une ou deux colorations chimiques par an… Mais de l’utilisation très régulière (toutes les 3 à 6 semaines par exemple) de ces produits.
Une coloration toutes les 3 à 6 semaines, correspondrait à la fréquence recommandée, pour un résultat impeccable (repousse des racines et couvrance).
Les dangers des colorations chimiques
Qu’elles soient professionnelles ou vendues en supermarché, les colorations contiennent de nombreuses substances potentiellement nocives pour la santé.
Avec mes trois maladies auto-immunes, je suis devenue particulièrement sensible à cette question.
Des substances toxiques dérivées de l’ammoniaque
Les colorations permanentes sont formulées à base d’ammoniaque.
D’ailleurs, il est bon de rappeler que les soit-disant « colorations sans ammoniaque » ne sont pas moins nocives, ni moins chimiques ! Attention aux formules marketing qui brouillent les pistes.
Ces colorations n’agissent pas grâce à l’huile par exemple, mais elles contiennent des dérivés de l’ammoniaque ou de l’éthanolamine.
Loin d’être anodine, cette substance peut avoir des effets sur le système nerveux central.
Elle serait même pire que l’ammoniaque, en ce qu’elle pourrait « former des nitrosamines cancérigènes ». (Source : R.Stiens, La vérité sur les cosmétiques (éditions Leduc, 2012), p.258, cité sur Jardin d’Art et coiffure).
Selon le site INRS, elle risque également de provoquer de « graves brulure sur la peau et de graves lésions des yeux ».
L’inhalation des vapeurs qui se dispersent dans l’air est évidemment nocive -c’est pour cela qu’il convient d’appliquer vos colorations dans un endroit bien aéré.
Enfin, une exposition prolongée à ces substances peut irriter le cuir chevelu et fragiliser la fibre capillaire.
Les perturbateurs endocriniens et le risque de cancer
On parle beaucoup des parabènes, ou des substances issues de la pétrochimie. En effet, les packagings affichent de plus en plus les mentions « formulé sans PEG, sans parabène, sans silicones », etc. Et tant mieux !
Mais savez-vous exactement quels risques présentent ces substances chimiques ?
Dans la mesure où l’on associe tous les silicones aux parabènes, il est tentant de croire que leur utilisation serait seulement néfaste pour les cheveux.
Or, le problème des parabènes est bien plus complexe.
« Les parabènes sont suspectés de perturber le système endocrinien en mimant les propriétés de certaines hormones, notamment par l’activation des récepteurs aux œstrogènes, d’où l’interrogation de leurs effets sur la fertilité et le risque de cancers hormono-dépendants (cancer du sein). »
Dans Carnet de Santé, le Dr Christian Recchias alerte sur le fait que l’utilisation des produits pour lisser les cheveux multiplient par trois le risque de cancer de l’utérus.
Toutefois, les études ne seraient assez probantes sur le sujet, et le seul risque reconnu à ce jour par l’ANSM concernerait les allergies cutanées.
Il convient malgré tout de rappeler que nous avons encore beaucoup de choses à découvrir dans le domaine de l’immunologie et de l’oncologie -deux domaines étroitement liés, dans la mesure où être porteur de maladie auto-immune augmente considérablement le risque de développer un cancer.
Un risque majoré de maladies auto-immunes et d’allergies

Enfin, les composés chimiques inhalés pendant l’application des teintures, telles que les vapeurs d’ammoniaque, pourraient exacerber l’activité de maladies auto-immunes existantes.
Une étude menée en 2012 suggère que la présence d’acide octynoïque dans les teinture chimiques augmenterait le risque de développer une cirrhose biliaire primitive.
Les conclusions ne sont toutefois par certaines. Cependant, le foie est un organe du système digestif, dont le rôle principal consiste à filtrer les toxines présentes dans le sang -pour éviter notamment qu’elles soient absorbées par notre intestin.
Les composants chimiques pénètrent dans notre organisme, via le cuir cheveu ou l’inhalation des vapeurs, par exemple. Ils atteignent ensuite le foie par la circulation sanguine.
Cela explique pourquoi une telle probabilité existe.
Un dysfonctionnement du système immunitaire augmente également le risque d’allergies.
Certains composants tels que le p-phénylènediamine (PPD), l’ammoniaque et les parabènes, peuvent provoquer de graves réactions chez certaines personnes.
En 2018, une étudiante de 19 ans nommée Estelle en a subi les conséquences, en raison d’une allergie au PPD. Le gonflement s’est produit quelques heures après avoir « changé de tête ».
Elles demeurent, heureusement, très rares.
En conclusion, ces observations soulignent l’importance d’une utilisation modérée des colorations chimiques… ce qui est difficilement compatible avec le maintien de racines impeccables…
En finir avec une routine coloration trop exigeante

En fonction de leur ratio et des résultats attendus, couvrir ses cheveux blancs n’est pas aussi simple.
Pourquoi cela ? Voici deux exemples afin d’illustrer mes propos.
Cas 1 : vous avez 30 % de cheveux blancs ou moins
Lorsque vous avez au maximum 30 % de cheveux blancs, votre nuance naturelle reste encore bien visible.
Même si des fils argentés parsèment votre chevelure, au premier regard vous demeurez blonde, brune ou rousse.
C’est pourquoi j’avais mis au point une technique pour colorer seulement les cheveux blancs du dessus, et non l’ensemble des racines.
A première vue, le résultat est impeccable. Lorsque les cheveux repoussent, ces fils argentés apportent un beau relief à l’ensemble de la chevelure, comme de petites mèches naturelles (babylights).
Un oxydant 10 volumes reste suffisant pour assurer une bonne couvrance (de 80 à 100 %). Dans la mesure où les cheveux blancs ne sont pas majoritaires, leur proportion est tellement réduite, qu’ils ne suscite plus de « gêne ».
Il n’est pas non plus nécessaire d’utiliser des colorations chimiques trop agressives. On obtient un résultat satisfaisant avec une coloration semi-permanente.
Or, c’est tout l’enjeu : préserver le reste de la chevelure, naturelle… Car les colorations répétées fragilisent la fibre capillaire.
Cas 2 : vous avez 40 % de cheveux blancs ou plus
Difficile d’échapper à des colorations plus agressives ! En tout cas, si vous composez vous-même vos mélanges (pour des nuances personnalisées et de qualité), vous aurez besoin d’un oxydant 20 volumes.
A la longue, cette concentration d’eau oxygénée abîme beaucoup les cheveux.
Certes, si vous ne renouvelez la coloration qu’au niveau des racines, au fur et à mesure de la repousse, les longueurs ne devraient pas trop en souffrir -bien qu’un rafraichissement soit souhaitable, de temps en temps.
Néanmoins, avec une « telle proportion » de cheveux blancs, difficile de décaler le moment de la coloration.
Les racines deviennent très visibles. Cela astreint à une « maintenance » plutôt soutenue -toutes les 3 à 4 semaines.
Au final, ne passons-nous pas des heures, à lutter contre notre corps, pour dissimuler un processus naturel ? Si ce geste représente un moment de plaisir, associé au soin, à la beauté, afin de se sentir mieux dans sa peau, tant mieux ! Mais dès que la coloration s’apparente à une corvée ou une contrainte, il est dommage de se l’imposer aussi fréquemment.
Les cheveux blancs donnent-ils l’air plus âgée ?

Je crois qu’il s’agit de la grande question, qui bloque beaucoup d’entre nous, au-dessous d’un certain âge.
Les cheveux blancs sont considérés (à tort ?) comme un signe de vieillissement. Pourtant, leur quantité dépend surtout de notre génétique, de certaines carences et de notre parcours de vie (stress, chocs émotionnels).
En effet, d’après une étude réalisée par Life & Style, la chevelure de 32 % des femmes britanniques de moins de 30 ans commencent à grisonner.
Avoir des cheveux blancs donne-t-il réellement l’air plus âgé ? S’agit-il seulement d’une perception sociale ?
Je ne possède pas de réponse définitive à ces questions. Elles me paraissent beaucoup trop subjectives pour émettre un jugement arrêté.
En revanche, il me semble intéressant de regarder des modèles ou des exemples, pour nourrir notre réflexion esthétique.
La perception des femmes aux cheveux blancs au XXième siècle
La perception des cheveux blancs chez les femmes en Occident ne cesse d’évoluer depuis les années 1920.
Il est vrai que les critères esthétiques et les codes vestimentaires varient selon les époques, pour les deux sexes. Ces normes sociales ont toujours existé dans l’univers de la beauté.
Bien qu’elles soient très différentes au XXIème siècle, leur existence se perpétue aujourd’hui. A ce sujet, les réseaux sociaux disposent d’une influence prégnante, pour remettre en question certains codes.
Nous avons malgré tout « hérité » de ce regard négatif sur les cheveux blancs féminins, probablement renforcé par le développement du marketing ou la société de consommation.
Les discours publicitaire sur les cheveux blancs dans les années 1920
Dans les années 1920, des campagnes publicitaires associent la jeunesse à la beauté.

Des slogans tels que « You cannot afford being grey » (Vous ne pouvez pas vous permettre d’avoir des cheveux gris) plaçaient donc les cheveux blancs dans la catégorie des « imperfections » à corriger à tout prix.

Une jeune femme aux cheveux blancs était considérée comme « négligée« .

Ces discours affirmaient notamment que les femmes se rendaient moins désirables aux yeux des hommes, lorsqu’elles arboraient des cheveux blancs.

Des marques de colorations telles que Brownatone vantaient les mérites de leurs produits pour « conserver la jeunesse des cheveux« .
En d’autre terme, à cette époque, dissimuler ses cheveux blancs ressemble presque à un geste de politesse envers les autres…
Les publicités sur la coloration des cheveux blancs dans les années 1950

Dans les années 1950 et 1960, les publicités pour les teintures capillaires jouaient encore sur les peurs des femmes. Les cheveux gris les rendraient « moins désirables« , tant sur le plan personnel que professionnel.
Des images montraient des femmes à l’air triste ou préoccupé, accompagnées de phrases telles que « Les cheveux gris font vieillir votre visage » ou encore « Soyez sûre de lui plaire, cachez vos racines ! ».
D’autres marques mettaient en avant des promesses d’une jeunesse retrouvée grâce à leurs produits, jouant sur l’idée que ne pas se teindre les cheveux équivalait à se laisser aller.
Ainsi, couvrir ses cheveux gris s’apparentait à une injonction sociale, pour rester « compétitive » dans la sphère privée et professionnelle.
Cependant, certaines campagnes publicitaires proposent d’autres alternatives : par exemple, Helena Rubenstein aspire à « glamouriser » les cheveux bancs en mettant leur nuance argenté en valeur. Des gammes de produits spécialisés voient le jour.
Les cheveux argentés restent malgré tout l’apanage d’un certain âge…
La « polémique » (ridicule) des cheveux blancs de Kate Middleton

En 2017, plusieurs photos de Kate Middleton arborant quelques cheveux blancs ont suscité un débat animé dans les médias et sur les réseaux sociaux.
La duchesse de Cambridge avait 35 ans -elle est née en 1982.
Il a paru choquant qu’une figure royale, connue pour son apparence toujours impeccable et symbole de l’élégance, laisse apparaître des racines naturelles.
Cette « polémique » met en exergue les pressions esthétiques qui reposent sur les femmes : la standardisation de l’apparence ou la nécessité de rester jeune.
Attention : dans ce blog, je parle fréquemment de médecine esthétique et de soins anti-âge, parce que ces domaines me passionnent. Cependant, je choisis d’avoir recours à ces procédures ou de « lutter contre des signes de vieillissement ». Je ne considère pas que toutes les femmes devraient s’y conformer.
Aussi, n’est-il pas absurde de croire que la duchesse de Cambridge échapperait à ce processus aussi naturel et universel : l’apparition de cheveux blancs ?
Ses coiffures ne sont certainement pas une revendication… mais la réalité d’une personne, qui subit beaucoup de stress, des problèmes de santé, et manque parfois d’énergie pour être « impeccable », selon les codes.
Ces clichés de Kate Middleton invitent donc à remettre en question certaines normes esthétiques.
Laisser apparaître ses cheveux blancs devrait relever d’un choix personnel.
Des exemples de femmes qui assument leurs cheveux blancs
Depuis quelques années, des communautés ont émergées sur les réseaux sociaux : des femmes partagent leur transition capillaire, pour assumer leurs cheveux gris ou blancs avant 50 ans -ou après.
Parmi elles, des influenceuses telles que Sarah Harris, Nicole Kestenbaum et Yazemeenah Rossi documentent leur parcours. Porteuses de messages d’encourageants, elles s’inscrivent dans un mouvement, « Silver Sisters ».
Kristen, 41 ans, @sweet.simple.something

En 2020, Kristen a 36 ans lorsqu’elle décide de ne plus colorer ses cheveux blancs. En effet, comme elle l’explique dans un entretien sur BuzzFeed, elle ne souhaitait plus passer, chaque mois, deux heures au salon de coiffure, afin de dissimuler ses racines en châtain.
Depuis quelle a cessé de « cacher cette partie d’elle même », elle se sent mieux dans sa peau.
Son compte instagram @sweet.simple.something compte 166 K abonnés.
Sarah Harris, 43 ans, rédactrice mode chez Vogue

La magnifique Sarah Harris, est rédactrice de mode britannique pour le magazine Vogue.
Sa chevelure argentée est devenue sa signature depuis l’âge de 16 ans.
Sophie Fontanel, 53 ans, écrivaine et rédactrice

En 2020 pendant le confinement, à l’âge de cinquante ans, Sophie Fontanel a décidé de ne plus colorer ses cheveux blancs. Elle est considérée comme l’une des plus importantes « influenceuses de la mode parisienne ». Aussi, cette transition capillaire, documentée sur son compte Instagram, a suscité de nombreuses réactions dans les médias : certains parlent de « métamorphose« .
Annika Von Holdt, 56 ans, écrivaine

L’écrivaine Annika Von Holdt publie des portraits sur son compte Instagram. Les différentes nuances de sa longue chevelure me paraissent particulièrement splendides !
Armelle Perves, 57 ans, mannequin et créatrice de contenu

Armelle Perves possède plus de 79,5 K abonnés sur Instagram. Elle se définit comme « modèle aux cheveux argentés » dans la mesure où sa chevelure est devenue blanche peu avant trente ans.
Le film « Gray is the new blonde » (Le blanc est le nouveau blond)
Enfin, je ne pouvais pas mentionner les Silver Sisters, sans le documentaire « Gray is the New Blonde », réalisé en 2020.
Victoria Marie souhaitait recueillir la parole des femmes qui ont cessé de dissimuler leurs cheveux blancs : quelles raisons les ont motivées ? Comment s’est déroulée leur transition ? Ont-elles été saisies par les doutes ? Qu’on-t-elle découvert à propos d’elles-mêmes ? A propos des autres, et de la société, de manière générale ?
Empreint d’une dimension militante, il retrace également l’histoire de cette « stigmatisation » des cheveux gris.
Selon la réalisatrice, il a surtout pour vocation de montrer comment les normes culturelles évoluent à ce sujet.
Je n’ai pas encore eu la chance de le visionner, mais je reviendrai mettre cette section à jour lorsque ce sera le cas.
Le documentaire est disponible sur le site officiel.
Si vous l’avez vu, qu’en avez-vous pensé ?
Comment laisser pousser ses cheveux blancs ?

A quel âge arrêter de colorer ses cheveux blancs ?
L’interrogation se veut délibérément provocante. Il n’existe évidemment pas d’âge pour prendre une telle décision.
Au cours de mes recherches pour rédiger cet article, j’ai lu de nombreux témoignages.
Je me suis également souvenue d’une vidéo réalisée en 2021 par Kara Bellum, une coach fitness. Durant plusieurs mois, elle a tenté de ne plus dissimuler ses cheveux blancs. Or, le résultat ne lui plaisait pas du tout. Sa mère lui aurait dit qu’elle était trop jeune (moins de quarante ans) pour laisser sa chevelure grisonner.
Ce type de remarque revient de manière récurrente.
On considère, peut-être à tort, l’existence d’un cap à partir de la quarantaine : changements physique, vie familiale établie, situation professionnelle et matérielle stable, etc. Née en 1987, je me questionne sur ces perceptions.
Parait-on plus jeune aujourd’hui que par le passé ?

Il ne me paraît plus possible de comparer la situation d’une personne de quarante ans ou plus à notre époque, avec celle de nos parents, par exemple. La société et l’organisation de la vie ont évoluées.
D’un côté, cet âge n’impliquent plus forcément une certaine stabilité matérielle : reconversions professionnelles, divorces, précarité croissante, crise des logements, etc. bouleversent les « attentes » quant aux acquis liés à l’âge. Désormais, la route n’est plus toute tracée.
Les études durent de plus en plus.
Les femmes se marient et ont des enfants de plus en plus tard. Nous sommes mieux informées au sujet de notre santé (tabac, alcool, protection solaire, alimentation, etc.).
D’un autre côté, les progrès de la médecine prolongent notre espérance de vie (malgré une augmentation des pathologies chroniques). Les découvertes dans le domaine esthétique et anti-âge offrent des perspectives inédites pour atténuer ou ralentir les signes de vieillissement.
Certains scientifiques fixent désormais la fin de l’adolescence à 24 ans... Physiquement, une personne parait souvent plus jeune à notre époque que ses parents ou ses grands-parents au même âge.
J’ai conscience de faire partie d’une génération (les Millenials) qui ne souhaite plus se conformer à la vie « d’adulte » sur le même modèle qu’autrefois.
Cela nous renvoie à la notion « d’âge subjectif », théorisée dans les années 1970 par un chercheur américain, Robert Kastenbaum. Le décalage entre notre âge biologique et notre âge ressenti s’accentuerait au fil des années, à partir de trente ans.
Or, grandir avec Internet réduit également l’écart entre les générations en ce que nous partageons généralement les mêmes références ou la même culture digitale. Ce réseau de communication outre aussi des dialogues inter-générationnels.
Le sujet des cheveux blancs est donc plus complexe qu’une simple histoire d’apparence.
Faire plus jeune = gommer les signes de l’âge

Je me place à présent d’un autre point de vue esthétique, c’est à dire l’objectif de « faire plus jeune » que son âge.
Hormis les soins spécialisés ainsi que la médecine esthétique, certains codes gomment de plus en plus les différences d’âge entre les générations.
Songeons au style vestimentaire. Vous souvenez-vous des blouses tabliers et des cardigans de nos grands-mères ? Aujourd’hui, de nombreuses femmes ayant plus de soixante ans portent des bleu jeans.
Notre époque brouille les différences d’âge. Baskets, casquettes, couleurs vives, imprimés… deviennent « inter-générationnels ». Les vêtements à la mode sont aussi prisés par des personnes de vingt ans que de cinquante, ou Idem pour certaines coupes de cheveux (undercut pour les hommes, par exemple).
Et pourquoi pas les cheveux blancs aussi ?
En tout cas, nos perceptions sont en train d’évoluer.
Les cheveux blancs nous vieillissent-ils vraiment ?

Que se passe-t-il si j’inverse la coiffure d’Emma Stone (image de droite) ? Et si je teins ses cheveux roux en blond cendré ?
Finalement, notre coiffure n’a-t-elle pas plus d’influence sur notre apparence que la couleur de nos cheveux ?
Les nuances de gris et de blanc sont toutes aussi nombreuses que les nuances de blond ou de bruns cendrés.
Si vous vous attachez à la colorimétrie, soit l’art d’associer les bonnes nuances (froides ou chaudes) avec votre teint, sachez qu’il est possible de moduler la saturation (intensité) et le ton (jaune ou bleuté) de votre chevelure argentée.
N’est-ce pas une certaine harmonie esthétique qui mettent une personne en valeur ? Qu’en est-il de notre posture, de notre maquillage et de notre style vestimentaire ?
Il fut un temps où la mode capillaire consistait à décolorer ses cheveux jusqu’au blond polaire -voire les teindre en gris… à la vingtaine. Un tel style donnait-il l’air plus âgé à ces jeunes femmes ?
N’est-ce pas le fait de dissimuler les cheveux blanc qui donne l’air plus âgé ?

Nous avons vu que la perception sociale associe les cheveux blancs à l’âge (vieillissement). Or, colorer ces cheveux blancs avec certaines techniques actuellement en vogue, ne risque-t-il pas aussi de donner l’air plus âgé ?
Plus précisément, un air d’uniformisation, avec la « coiffure type des femmes qui dissimulent leurs cheveux blancs en espérant paraître plus jeune« … sauf que cela ne flatterait leur visage ?
En effet, au fil des années, notre morphologie évolue de manière subtile. Les ombres, les volumes, les creux façonnent l’apparence de notre visage. J’ai évoqué en détail ce processus dans l’article « comment je préserve ma peau à 37 ans ? ».
Pour toutes ces raisons structurelles, la couleur de cheveux que nous possédions à vingt ans n’est pas forcément la plus flatteuse, à quarante ans ou plus.
C’est notamment lorsqu’elle est très foncée : à cause des ombres, elle aurait tendance à durcir les traits du visage et à mettre en valeur certains creux (cernes, joues…).
L’harmonie entre la couleur de nos cheveux et notre âge
On peut donc supposer que l’évolution de notre nuance, qui s’éclaircit avec des mèches argentées, « délavées », grises et blanches, s’adapte naturellement à notre teint et à notre morphologie : elle s’adoucit.
Maintenir à tout prix une coloration uniforme, passé un certain âge, peut paraître artificiel -et c’est un choix tout à fait légitime !
D’ailleurs, cela explique pourquoi les coloristes développent des techniques plus pointues, avec des mèches subtiles. Ils floutent les démarcations le temps de la repousse, et facilitent cette transition capillaire : balayage, babylights, décoloration, transition radicale en gris, etc.
Et pourtant ! Si toutes les femmes adoptent le même style de coloration… celle-ci ne sera-t-elle pas ensuite associée aux cheveux blancs non assumés ? Et par conséquent… à un certain âge ?
E,n d’autres termes, il convient de ne pas considérer l’esthétique de nos cheveux séparément du reste de notre visage.
Je laisse délibérément ces réflexions en suspens, et je vous invite à partager votre avis en commentaire.


Très intéressant comme sujet!
Je suis une femme de 32 ans et j’ai déjà quelques cheveux blancs visibles, surtout sur les tempes. Je suis loin d’en avoir assez pour les laisser pousser et avoir une chevelure quasi entièrement blanches/nacrée. J’ai une base de cheveux blond foncée également. J’en suis donc à un « début d’entre deux » et j’ai hâte d’en avoir beaucoup plus pour avoir les cheveux bien clairs/nacrés, ce que je trouve hyper joli. En attendant d’en avoir assez, je les fonds dans un balayage blond clair que je fais tous les 5 mois. Ca a un coût, mais j’apprécie le résultat!
Je ne sais pas quand mon blond foncé sera minoritaire ou presque, mais ca va très lentement je trouve…
J’adore la manière dont tu as abordé le sujet, en tout cas c’est sûr que les femmes et les hommes ne sont pas logés à la même enseigne quand il s’agit de se laisser pousser les cheveux blancs. Au moins, nous, on a moins à se soucier de la calvitie, et c’est déjà pas mal !!
Merci pour ton commentaire Elvire !
En effet, c’est un « atout » d’avoir des cheveux blonds car les balayages permettent une transition assez discrète et plus harmonieuse (lorsque l’on recherche ce résultat). Et puis, en laissant déjà pousser tes cheveux blancs, la transition sera d’autant plus facile au fil des années, s’ils se multiplient. J’hésite aussi parfois à colorer ces cheveux blanc en blond, de manière éphémère, pour avoir un effet méché. Mais on verra où tout cela mène. C’est le plaisir de se redécouvrir au fil de la pousse des cheveux.
Tu as raison au sujet des hommes : ils sont confrontés à d’autres problèmes. La calvitie (elle est plus rare et se répartit différemment chez les femmes, plutôt au niveau des tempes ou l’arrière du crâne) ou la chute des cheveux sont extrêmement difficiles à vivre…
Oh que ça me parle. En plein arrêt également du henné (tazarine) je laisse mes cheveux revenir à leur nature totale avec mes petites guirlandes blanches. Je n’en suis qu’à 2 mois, j’espère réussir à tenir le coup la démarcation de fond donc, en tout cas, pour le moment, ça ne choque pas. Mais en effet, la société … j’ai décidé de balayer les regards et le reste et de suivre ce que je veux. Il y aura des jours avec, et des jours sans. Merci pour cet article
Merci beaucoup pour cet article. Je le trouve génial et il montre à quel point on est soumises à la pression sociale. Les femmes quz vous avez partagées sont belles avec ses cheveux gris et argentés
Les cheveux blancs ou poivre et sel sont d’une élégance folle. Ce sont les colorations (je ne peux plus les voir en peinture…) qui, à mon sens, font ressortir le côté « vieille peau » que nous cherchons tant à éviter. Les cheveux gris ont des nuances fabuleuses tandis que les colorations font « casque ». C’est laid, coûteux, souvent raté, à refaire très souvent (Ah! Les joies des repousses!), cela accentue les rides ou plis d’expression. J’ai 55 ans, les cheveux longs (+/- 50 cm que je laisse pousser tant qu’ils le pourront) et gris. Très frisés. J’adore!
Quand on a une belle texture et qu’ils tombent bien, c’est très beau, et si en plus, on a la peau un tout petit peu mate, encore plus beau ! Mais ce n’est bien sûr pas le cas de tout le monde…
Je suis d’accord aussi, et depuis que j’ai cessé les colorations chimiques, je remarque aussi leurs défauts : même si on réalise aujourd’hui des prouesses au niveau des nuances, des mèches, des reflets, etc. on voit néanmoins le côté artificiel.
tres interessant votre documentation – dans l’absolu ! – dans la réalité c’est autre chose – pour chacune d’entre nous le probleme crucial ce sont les repousses BLANCHES quelque soit la teinte ( vraie ou fausse ) de notre chevelure – comment faire avec cette raie blanche de 1cm qui va s’agrandir jusqu’a……. se raser les cheveux serait la bonne solution ! les cheveux gris parsemés dans notre chevelure , la on peut faire avec et agir en douceur en sachant toutefois que le miracle n’existe pas , passer de cheveux colorés a ces superbes gris que vous demontrez, il en faut et des soins et des produits pas si naturels que cela pour y arriver , et sur quelle durée ? et enfin les cheveux blancs ou gris »naturels » , il faut aussi le dire, necessitent comme les cheveux colorés , des soins et des produits très particuliers
Oui pour les repousses ! C’est un cap difficile à passer, en effet. Mais lorsqu’on arrête de colorer ses cheveux, et que la repousse atteint un certain stade, on est tranquilles pour la suite. Concernant les soins, vous n’êtes pas obligées de maintenir un « blanc argenté » : certains cheveux blancs sont naturellement « blonds polaire ».